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Guy LEVEQUE /L'égrégore

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Ils ont dit ; ce que tu ne peux pas faire seul, tu arriveras à la faire à plusieurs, mais ça dépend autant de toi que des autres
Seul tu n’es rien, tu n’es que la nudité de toi, le frère jumeau de l’ennui
Seul tu es vanité, tu ne fais face à rien, même si tu te cherches
Seul, tu ne sais pas ce que tu cherches parce que le vide est comme l’absence, il brouille, puis efface les repères de l’esprit
Seul, tu n’as pas de projets puisque tu n’es que la somme de toi même, et pour te projeter il te faut bien des marques, une chose à atteindre, une ligne à dépasser, un autre à attendre, une autre à aimer
Ils ont dit ; il faut mettre nos forces en harmonie sans pour autant les mettre  en commun
Bien sur, tu peux mettre en commun les forces qu’on utilise pour soulever les choses, mais cette force là a une double face, et combinée aux autres, elle peut nous conduire au meilleur comme au pire.
Ce qu’il faut, c’est de l’harmonie, des forces qui s’équilibrent comme les cordes d’une lyre.
Si tu regardes bien,  c’est le partage des forces qui crée la force, c’est le résultat des pluriels qui se divisent pour créer un singulier
C’est la somme des étincelles qui fait naître la lumière
C’est ce qu’ils appellent l ’égrégore
C’est une force née des forces, mais pas des forces des hommes, les forces des hommes ne sont que des forces d’enfants et seule leur mise en harmonie peut les faire grandir.
C’est la somme des forces de leur esprit
Des esprits qui se tendent comme des cordes invisibles pour pousser haut et loin quelque chose, n’importe quoi, une envie de faire mieux, de faire bien, de faire autrement, d’élever, de partager ; mais une envie de faire ensemble.
Et d’ailleurs c’est pas une somme, c’est quelque chose de plus, quelque chose qui vient quand vient le temps de l’accueillir.
C’est une force qui circule d’un corps à l’autre, un peu comme le sang des sœurs siamoises
Celles qui ont des yeux turquoises et marchent côte à côte pour la vie sous le regard amusé des badauds aux yeux couleur trottoir
Ou si tu préfères, c’est un peu comme la lumière qui se fait petit à petit.
C’est ça, c’est peut-être ça ; l’égrégore, c’est comme la lumière du jour
La lumière n’est pas une lumière, elle EST lumière
Si elle était une lumière, elle brillerait quelque part, pour quelque temps comme une lanterne sur des ruines
Tandis que là, elle est lumière parce qu’elle est la somme des lumières
Mais elle ne vient pas d’un coup parce que pour briller, la lumière a besoin d’obscurité
Comment dire? La lumière, c’est une fille de l’Avent, pas l’avant du temps, mais l’avent de l’attente, celle que les chrétiens nourrissent avant Pâques. Ils savent par Mathieu que Jésus de Nazareth disait : « Chaque fois que vous serez réunis en mon nom, je serai au milieu de vous ».
Alors comme lui, pour qu’elle vienne, il faut l’attendre, ou plutôt attendre quelque chose d’elle
Il se faut se tenir là debout, les pieds ouverts pour bien sentir la terre, bien s’appuyer dessus
Parce que la terre est comme une mère, c’est elle qui nous fait, et quand nos forces nous abandonnent, c’est elle qui nous accueille pour nous conduire vers une autre lumière.
Cette mère bienveillante qui accueille pour nous la lumière parce que chaque jour elle tourne sa joue vers l’orient d’où elle éclot.
On ferme grand les yeux pour mieux sentir venir le baiser d’une mère
On sait qu’on est pas seul
On sait qu’on est plus forts
Il n’y a plus qu’a tendre la joue pour sentir son souffle nous envelopper.
C’est ça aussi l’égrégore, c’est le souffle de ta terre.

Écrit par lilith48 Lien permanent | Commentaires (0)

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